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MON JOURNAL

Arrête de chercher l'amour

21 août 2026

21h58. Je suis posée dans mon canapé, les enfants sont couchés, un de mes deux chats est calé à côté de moi. Et j'ai une réflexion en tête que j'avais vraiment envie de partager, alors autant l'écrire brute, telle qu'elle vient.

Il y a un truc que j'observe, encore et encore, autour de moi. Un truc fin, presque invisible tant il est ancré. Et je ne dis pas ça avec un regard jugeant, encore moins dans le but de donner une leçon. Moi-même, j'ai été comme ça, inconsciemment.

Bref. Chez beaucoup de femmes, c'est comme si, sans jamais le formuler ainsi, la quête de leur vie devenait : trouver l'homme avec qui elles seront enfin heureuses. Inconsciemment, c'est presque devenu leur définition de la réussite. "J'ai réussi ma vie" se traduit, quelque part en elles, par "j'ai rencontré quelqu'un", "j'ai retrouvé quelqu'un".

Cette quête, elle s'infiltre partout, même là où on ne l'attend pas. Un nouvel endroit, une nouvelle activité — et il y a toujours, quelque part, cette petite pensée : "peut-être que je vais rencontrer quelqu'un là-bas." Un cours de sport un samedi matin. Un dîner entre "amis d'amis". Un voyage entre filles où, sans se l'avouer vraiment, on espère un peu croiser quelqu'un sur la route. Même quand ce n'est pas une vraie passion. Même quand ce n'est pas vraiment pour soi.

C'est ça le plus troublant, en fait : ce n'est presque jamais dit à voix haute. Personne ne le formule jamais aussi clairement. On parle de reprendre le sport, de sortir plus, de "s'ouvrir à de nouvelles choses". Et c'est tout à fait vrai, sincèrement vrai. Sauf qu'en creusant un peu, la même petite musique de fond revient presque à chaque fois : et si, quelque part là-dedans, je rencontrais quelqu'un ?

Je connais tellement de femmes qui passent la moitié de leur vie, parfois presque toute leur vie, dans cette quête-là. Des femmes brillantes, drôles, pleines de ressources — qui pourtant se jugent, au fond, à travers une seule question : suis-je en couple, ou pas ?

Et bien souvent, cette quête arrive juste après une relation abusive — c'est peut-être ça, le plus dangereux dans l'histoire. Sortir d'une relation qui a abîmé l'estime de soi, puis se précipiter, sans le vouloir vraiment, vers la prochaine, comme si le vide laissé ne pouvait se combler que par une présence extérieure. Alors qu'en réalité, c'est exactement le moment où il faudrait ralentir. Se poser. Apprendre à se retrouver, à être bien avec soi-même, avant de vouloir partager sa vie avec quelqu'un d'autre.

Alors la question qui me trotte, et que je me suis vraiment posée ce soir en faisant ma routine skincare dans la salle de bain, c'est : est-ce qu'elles se connaissent ? Comment peut-on vraiment être épanouie dans une relation, si on ne s'est jamais rencontrée, si on n'a jamais construit son identité ?

Je ne sais pas si les hommes vivent cette même dynamique. Je n'en ai pas l'impression, en tout cas pas de la même façon. Mais peu importe, ce n'est pas vraiment le sujet. Le sujet, c'est qu'on a des femmes qui passent à côté de leur vie, qui ne se connaissent pas, qui ne construisent pas leur identité, et qui arrivent dans une relation en étant dans cette recherche perpétuelle d'être comblées, sauvées, complétées.

Et les femmes que j'ai vues le plus heureuses, ce ne sont pas celles qui étaient dans cette recherche perpétuelle. Ce sont celles qui étaient dans la conquête de leur vie. De leur identité. De leur construction.

Concrètement, ça ressemble à quoi ? Une femme qui s'inscrit à un cours de poterie parce que ça l'attire, vraiment, et pas parce qu'elle imagine croiser quelqu'un entre deux vases. Une femme qui part en week-end seule, juste pour elle, sans arrière-pensée. Une femme qui sait dire "ça, je n'aime pas" sans avoir peur de déplaire à un futur partenaire imaginaire. Une femme qui, un vendredi soir, choisit de rester chez elle avec un livre plutôt que de forcer une sortie "pour les probabilités". Une femme qui apprend à manger seule au restaurant sans se sentir observée, jugée, "en attente de quelqu'un".

Ça ne veut pas dire que l'amour n'a pas sa place ici. Mais l'amour, comme je le dis souvent, c'est même pas la cerise sur le gâteau. C'est autre chose. À un moment, si tu veux vraiment te retrouver dans une relation saine — où tu te connais, où tu sais exprimer tes besoins, où tu restes toi sans te perdre, où chacun peut exister à côté des moments de nous — la plus grande garantie que tu puisses avoir, c'est de savoir qui tu es quand tu arrives dans cette relation. Est-ce que je me connais, moi ?

Alors non, je ne dis pas que c'est mal de vouloir connaître l'amour. Et si quelqu'un te dit qu'il s'en fiche complètement, ça peut être vrai — mais ça peut aussi être faux. Vouloir aimer, être aimée, ce n'est pas le problème.

Ce qui est mauvais, c'est quand ça devient la quête de ton existence, sans même que tu t'en rendes compte. Quand tu commences à faire des choses pour trouver l'amour, plutôt que pour découvrir une vraie passion. Quand tu te lances dans quelque chose, consciemment ou non, dans le seul but de rencontrer quelqu'un — alors que tu ne t'es jamais vraiment rencontrée, toi.

Et le pire, c'est que ce schéma se venge de lui-même. Une femme qui cherche l'amour avant de se chercher elle-même finit souvent par attirer quelqu'un qui, justement, se nourrit de ce manque-là. Parce qu'un vide, ça se voit — même quand on ne le montre pas. Et il y a toujours quelqu'un, quelque part, prêt à s'y engouffrer, à devenir "celui qui comble tout", avant de devenir, souvent, celui qui contrôle tout.

À l'inverse, une femme qui se connaît, qui sait ce qu'elle aime et ce qu'elle refuse, qui a déjà rempli sa propre vie de sens avant même de penser à en partager une, cette femme-là ne cherche plus à être sauvée. Elle choisit. Et ça change absolument tout — dans qui elle laisse entrer, dans ce qu'elle tolère, dans la vitesse à laquelle elle repère qu'un truc cloche.

Alors voilà ce que j'ai envie de dire aux femmes qui me lisent : pars à la conquête de toi-même. Peut-être — sûrement, même — que tu croiseras l'amour sur ce chemin. Mais je suis persuadée d'un truc : si tu n'y vas pas dans cette posture-là, tu seras une toute autre femme le jour où tu entreras dans cette relation.

Et c'est exactement ça qui rend heureuse. Se construire. Chercher à se connaître. Aimer sa propre compagnie. Être capable de dire, simplement : ça, j'aime. Ça, je n'aime pas. Ça, ça m'intéresse. Ça, pas vraiment — mais j'ai quand même envie d'essayer, pour apprendre.

Alors ce soir, si tu me lis : arrête de chercher l'amour. Pars à ta propre recherche.

C'est cette femme-là — entière, construite, libre — que quelqu'un aura peut-être la chance de rencontrer un jour.

Ou pas. Et ça ira très bien aussi.

Xoxo.

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